Une chose est sûre dans cette affaire : il est urgent que j'assume enfin mon âge, que je vive enfin à l'heure de ma vraie vie. Qu'est-ce que je croyais ? Que je vivrais le parfait amour avec un garçon dont je pourrais être le père ? Qu'une histoire réelle et durable pourrait naître et s'épanouir en dépit de cet écart monstrueux ? Il est normal qu'un garçon de vingt ans et un de dix-huit ans connaissent une aventure, même si celle-ci aura la durée de ce que vivent les roses. Ainsi va la vie et je n'y peux rien. Mais je reste là avec mes démons, cet appétit contre-nature des garçons plus jeunes que moi et qui me torture. Hier soir, j'ai entr'aperçu ce que pourrait être mon devenir, débarassé du désir des jeunes gens. Impression de vide, un certain vertige... Ne nous voilons pas la face, je ne retrouverai jamais personne. A mesure que les jours passent s'amenuise la probabilité de croiser l'individu parmi les six milliards existants susceptible de m'aimer. Autant compter sur le loto pour rembourser mes dettes. Je crois même que j'ai plus de chances de devenir millionnaire.
par Florestan
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