Bon sang, j'avais pas besoin de ça. Il me prend la tête. Ca ne va pas recommencer non ?
Ambiguïté, quand tu nous tiens... Je l'ai ramené chez lui et j'ai encore fait semblant d'être pressé. Je n'avais qu'une envie : le garder avec moi, des heures, des heures. Mais je suis l'aîné et je dois montrer l'exemple. Il avait paru déçu, quelques instants auparavant, que je doive partir si vite. Oui, ça m'a fait plaisir. Il y a aussi que, je dois bien l'admettre, il occupe mes pensées depuis quelques temps. Beaucoup trop. Cela ne devrait pas être. Il a 18 ans, j'en ai 42. Je m'en sens le double face à sa jeunesse, sa fraîcheur, sa candeur. Un peu perturbé par ses démons, il se confie, me prend pour un "grand frère" en pédéitude. Moi, je voudrais surtout être son amant, et ça n'est pas possible. Il n'a aucune espèce d'attente envers moi. Il m'aime bien mais hors de son champ de vision, je n'existe plus beaucoup. Complètement parti dans un trip "découverte physique" en ce moment, il a besoin (je suppose ?) d'explorer les abords de ces régions dangereuses de la sensualité. Ces régions qui ne tiennent pas leurs promesses.
Décidément, je ne peux plus lire son blog, ni celui de son (bientôt) amant. Leurs mots doux exposés en public ont quelque chose d'inconvenant, de vulgaire, qui m'indispose. C'est surtout que, je m'en rends compte aujourd'hui, je suis en train de tomber amoureux. Il ne pouvait rien m'arriver de pire. Bon, évacuons tout de suite le seul point positif : B. est maintenant bien loin, et c'est tant mieux. Je repense à lui presque sans douleur. Mais maintenant, avec J. dans les tripes, je me retrouve au fond du trou, sans envie, sans force. Anéanti par ce sentiment nouveau qui prend des proportions déraisonnables. Avec mon expérience et le recul, je sais que J. est dans une période temporaire de désir extatique, de besoin irrépressible d'étancher sa soif de corps. Il faut bien qu'il en passe par là. Cette aventure, dans laquelle il s'engouffre avec une certaine naïveté - et persévérance méritoire - il s'amourache d'un correspondant lointain avec lequel il va découvrir le plaisir du sexe, puis l'ennui du sexe. Et moi, je reste là. Livré à ma solitude, ma frustration, mon désir sans espoir et mon incapacité à vivre normalement, à aimer simplement, à être au monde pleinement. J'en serai toujours incapable, d'ailleurs.
C'est une évidence : je ne peux pas, je ne dois pas l'aimer. Il est beaucoup trop jeune. J'ai déjà morflé à cause de ça. Il y a trois ans, j'ai déjà subi les avanies du décalage horaire avec mes amours. Celui-ci est très différent, cultivé, passionné, perturbé. Mais les même causes produisant les mêmes effets, toute évolution "positive" de cette situation ne saurait que m'entraîner dans le marasme, et peut-être même la destruction cette fois. Petit blog, dis-moi : que puis-je faire, là, maintenant ? Lui parler ? Cela n'a pas été concluant la dernière fois. Et je ne tiens pas à paraître ridicule. Couper les ponts ? C'est stupide. Certes, je ne le vois pas souvent, heureusement. Mais je ne tiens pas à me passer de lui complètement. Me coucher. Dormir, dormir, dormir.