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"Jeunes gens, vous avez devant vous une longue et dure étape. Il flotte au ciel une étrange rougeur : couchant ou aurore ? Je ne sais. Apportez-nous de la lumière."
Lundi 17 octobre 2005

G

Gloups... Il m'appelle. Il demande de mes nouvelles... sur son blog. Je ne peux pas le cacher : cela me fait plaisir. Ainsi donc j'ai du prix à ses yeux ? "Si seulement je pouvais lui manquer..." dit la chanson. D'habitude, il paraît éprouver du plaisir à me voir. Il peut même sembler éprouver de la déception lorsque, comme dimancher dernier, je fais mine de partir prématurément, sans avoir pris la peine de lui parler. Mais, le reste du temps, cette attente ne suscite pas son impatience. Ce désir n'en est pas un. Il a mon mail, mon portable, et n'en use pas pour me transmettre des messages. B. lui, au moins, usait et abusait du téléphone ("C'est moi... Tu peux me rappeler ?" histoire que je ne consomme pas mon forfait à appeler un vieux comme toi...) et faisait montre d'une certaine forme de besoin de moi. J., lui, est pleinement avec moi quand il est avec moi, puis plus du tout dès lors que j'ai disparu. Loin des yeux...
par Florestan publié dans : Florestan
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Lundi 17 octobre 2005

F

Fin de la partie : j'ai tout balisé, je me protège. Je ne réponds plus, je ne visite plus les blogs. Outre que cela est bénéfique à mon employeur, cela m'empêche d'aller me faire du mal sur des écrits infantiles et destructeurs. Je ne veux plus en entendre parler. J'ai trop mal, j'ai trop peur d'avoir mal. Laisser passer le temps, laisser cette histoire suivre son cours sans m'y intéresser. C'est une question de sauvegarde.
par Florestan publié dans : Florestan
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Dimanche 16 octobre 2005

B

Bon sang, j'avais pas besoin de ça. Il me prend la tête. Ca ne va pas recommencer non ?

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Dimanche 16 octobre 2005

A

Ambiguïté, quand tu nous tiens... Je l'ai ramené chez lui et j'ai encore fait semblant d'être pressé. Je n'avais qu'une envie : le garder avec moi, des heures, des heures. Mais je suis l'aîné et je dois montrer l'exemple. Il avait paru déçu, quelques instants auparavant, que je doive partir si vite. Oui, ça m'a fait plaisir. Il y a aussi que, je dois bien l'admettre, il occupe mes pensées depuis quelques temps. Beaucoup trop. Cela ne devrait pas être. Il a 18 ans, j'en ai 42. Je m'en sens le double face à sa jeunesse, sa fraîcheur, sa candeur. Un peu perturbé par ses démons, il se confie, me prend pour un "grand frère" en pédéitude. Moi, je voudrais surtout être son amant, et ça n'est pas possible. Il n'a aucune espèce d'attente envers moi. Il m'aime bien mais hors de son champ de vision, je n'existe plus beaucoup. Complètement parti dans un trip "découverte physique" en ce moment, il a besoin (je suppose ?) d'explorer les abords de ces régions dangereuses de la sensualité. Ces régions qui ne tiennent pas leurs promesses.

par Florestan publié dans : Florestan
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Dimanche 16 octobre 2005

D

Décidément, je ne peux plus lire son blog, ni celui de son (bientôt) amant. Leurs mots doux exposés en public ont quelque chose d'inconvenant, de vulgaire, qui m'indispose. C'est surtout que, je m'en rends compte aujourd'hui, je suis en train de tomber amoureux. Il ne pouvait rien m'arriver de pire. Bon, évacuons tout de suite le seul point positif : B. est maintenant bien loin, et c'est tant mieux. Je repense à lui presque sans douleur. Mais maintenant, avec J. dans les tripes, je me retrouve au fond du trou, sans envie, sans force. Anéanti par ce sentiment nouveau qui prend des proportions déraisonnables. Avec mon expérience et le recul, je sais que J. est dans une période temporaire de désir extatique, de besoin irrépressible d'étancher sa soif de corps. Il faut bien qu'il en passe par là. Cette aventure, dans laquelle il s'engouffre avec une certaine naïveté - et persévérance méritoire - il s'amourache d'un correspondant lointain avec lequel il va découvrir le plaisir du sexe, puis l'ennui du sexe. Et moi, je reste là. Livré à ma solitude, ma frustration, mon désir sans espoir et mon incapacité à vivre normalement, à aimer simplement, à être au monde pleinement. J'en serai toujours incapable, d'ailleurs.

par Florestan publié dans : Florestan
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Dimanche 16 octobre 2005

C

C'est une évidence : je ne peux pas, je ne dois pas l'aimer. Il est beaucoup trop jeune. J'ai déjà morflé à cause de ça. Il y a trois ans, j'ai déjà subi les avanies du décalage horaire avec mes amours. Celui-ci est très différent, cultivé, passionné, perturbé. Mais les même causes produisant les mêmes effets, toute évolution "positive" de cette situation ne saurait que m'entraîner dans le marasme, et peut-être même la destruction cette fois. Petit blog, dis-moi : que puis-je faire, là, maintenant ? Lui parler ? Cela n'a pas été concluant la dernière fois. Et je ne tiens pas à paraître ridicule. Couper les ponts ? C'est stupide. Certes, je ne le vois pas souvent, heureusement. Mais je ne tiens pas à me passer de lui complètement. Me coucher. Dormir, dormir, dormir.

par Florestan publié dans : Florestan
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