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"Jeunes gens, vous avez devant vous une longue et dure étape. Il flotte au ciel une étrange rougeur : couchant ou aurore ? Je ne sais. Apportez-nous de la lumière."
Jeudi 20 octobre 2005

N

Nuit sans sommeil, une de plus. Ce n'est pas la fatigue qui manque, pourtant. J'ai probablement encore trop bu hier soir. Lorsque je suis rentré, je savais que j'allais boire. C'était une sorte de promesse de récompense après cette journée si bien remplie. J'ai fait un peu les fonds de bouteilles. La fin de la bouteille de rhum avec du jus de pamplemousse, la fin de la bouteille de gin avec une canette de Schweppes, une bière puis trois ou quatre verres de vin. Cela commence à me faire peur, cette intempérance. Je me suis surpris à réfléchir dans la voiture à ce qu'il restait à boire à la maison, en me posant la question de passer à l'épicerie pour acheter une bouteille de whisky. De toute façon, je n'ai plus d'argent. J'ai dépassé mon autorisation de découvert et je suis sûr que quelques prélèvements ont d'ores et déjà été rejetés. La faute aux impôts qui me prélèvent ces mois-ci un montant exceptionnel d'ajustement. Et la faute à moi qui ai commandé quelques DVD sur Cdiscount alors que ce n'était vraiment pas le moment. La Providence sait encore se souvenir de moi, toutefois. Alors que j'envisageais sérieusement d'aller taper mon patron pour un petit prêt amical et temporaire, un chèque m'attendait dans ma boîte aux lettres mardi soir. Un envoi de ma grand-mère. J'ai encore oublié de l'appeler pour la remercier (Maryse, veuillez noter de me rappeler de téléphoner ma grand-mère ce matin sans faute). J'ai très nettement l'impression de changer de vie ces derniers jours. Et ma conviction est que c'est celle-ci la bonne. J'ai éteint l'incendie J. à temps et j'espère qu'il ne reprendra pas sans crier gare. Me détacher de ce "monde", quitter cet univers irréel, attachant et dangereux. Cesser de cristalliser un sentiment extravagant sur ce garçon qui n'y peut rien. Disparaître et se taire. Cela m'a aidé à changer beaucoup de mes habitudes et à devenir efficace dans mon travail. Tiens, il y a au moins quinze jours que je ne me suis pas branlé. C'est un signe qui ne trompe pas, j'ai l'esprit occupé. 4h20 : on progresse.
par Florestan publié dans : Florestan
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Jeudi 20 octobre 2005

P

Petit à petit, un nouveau rythme s'installe, et cela ne me déplaît pas. Mes journées bien remplies rendent plus épisodiques mes passages sur le net et, partant, les tentations de visiter les blogs qui me font du mal (après m'avoir fait tant de bien...) Bon, soyons honnête, j'ai commis quelques incartades, je me suis même aventuré à lâcher ça et là quelques commentaires. Après tout, pourquoi pas ? Mon changement de vie n'exclut rien, ni même de revenir de temps à autres à des habitudes anciennes. Mais, ne chipotons pas, cet équilibre me convient. D'autres univers m'appellent, à commencer par ma "vraie" vie professionnelle et familiale, cette dernière reprenant ses droits dès demain. Autre vertu du remplissage des vides : il laisse moins de place aux pleurnicheries et aux retours sur les épisodes pénibles de ma vie sentimentale. Exit Ph., B., A. et autres L., l'action fait regarder vers l'avant et je serais fichtrement stupide de ne pas m'en réjouir. Mais je ne suis pas complètement dupe (et j'ai un peu d'expérience, faut-il le souligner ?) : les montagnes supposent des vallées, et cette période de relative sérénité intérieure va se terminer avec un nouveau sujet de torture amoureuse.
Laissons venir, et carpe diem.
par Florestan publié dans : Florestan
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Jeudi 20 octobre 2005

O

Oh ta gueule, Eusebius !
par Florestan publié dans : Florestan
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Mercredi 19 octobre 2005

M

Mais pourquoi ne voit-on jamais Siprou coucher avec Fantasio ? Il sont amants, pourtant, non ?

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Mercredi 19 octobre 2005

L

Le pitch est simple : ne rien lire. Ne rien voir. Et tout ira très bien. Mon Dieu, extrayez-moi de ce monde, que je n'assiste pas à ça. Pas une fois encore... J'ai donné déjà, merci.
par Florestan publié dans : Florestan
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Mercredi 19 octobre 2005

K

Kaputt ! Je suis rincé, mais heureux de me noyer. Voilà une semaine comme j'en ai rarement connu. Et une journée débordée, ça me va parfaitement. Lever à 5h30, deux heures de route, deux heures de réunion, deux heures de route, nouvelle réunion d'une heure (ah ! ces commissions budgétaires préparatoires !), rendez-vous, courrier à signer, téléphones à rappeler et voilà : il est six heures et je n'ai pensé à rien de désagréable, sinon à l'inanité totale de ce Directeur régional des Affaires culturelles qui décidément a bien du mal à justifier encore son existence. Quand va-t-on se décider à nous supprimer le ministère de la Culture ?
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Mardi 18 octobre 2005

J

J'ai trouvé la solution : à fond dans le boulot. J'ai des circonstances favorables : le transfert de charge préalable à ma promotion over-booke mon emploi du temps. Les rendez-vous, les réunions, les spectacles et les nouveaux horizons à découvrir occupent la totalité de ma disponibilité. Outre qu'il s'agit d'un travail valorisant, il a le bon goût, ce travail, de m'envelopper, me ravir définitivement à moi-même et de m'emmener vers l'oubli. Très bon plan.
par Florestan publié dans : Florestan
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Lundi 17 octobre 2005

E

Enfin, c'est bien ma veine. Non seulement je suis en train de tomber amoureux, mais en plus je me paye un mal de tête carabiné. Deux heures sans parvenir à m'endormir. Je viens aussi de réaliser que nous sommes en pleine lune. Suis-je donc sensible à la lune moi-aussi ? Je n'en avais pourtant pas le sentiment jusque là. J'essaye de chasser J. de mon esprit par tous les moyens mais je crois être pris.
par Florestan publié dans : Florestan
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Lundi 17 octobre 2005

H

Hélas, NON ! Non, non, non, non, non. Cela n'est pas possible. Cela ne doit pas être. Je ne DOIS PAS. Ressaisis-toi, mon vieux !
par Florestan publié dans : Florestan
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Lundi 17 octobre 2005

I

Irrémédiablement, je fais tout pour mourir le plus vite possible. Fumer excessivement (je n'ai jamais autant fumé de toute ma vie), boire excessivement (je bois maintenant tous les jours), il y a une forme de suicide à retardement dans ce somportement. Tout ça parce que je n'ai pas le courage d'acheter un révolver et de me faire un trou, un petit trou, tout petit, sanglant et libérateur. Je m'enfonce doucement dans une sorte de néant, je rejoins ma vie, tout simplement. J'aimerais tant n'être plus dépendant des autres que je fais en sorte de m'extraire de cette condition infernale, ce cloaque puant et pathétique qu'est ma vie aujourd'hui et dont je n'attends plus rien. Je n'ai rien qui me retienne maintenant, même les enfants m'indiffèrent et je me déteste à cause de ça. Tout juste ai-je une pensée angoissée à l'idée que ma mère et ma grand-mère me perdraient et à l'anticipation de ce que pourrait être leur anéantissement et leur douleur. Mais même cela ne me retient plus vraiment aujourd'hui. Je n'ai pas d'amour, pas d'argent, pas vraiment d'amis, pas de raison de continuer à souffrir comme ça à cause des autres et à cause de moi. A cause de ma relation aux autres, toujours perturbée par le sale, la manipulation, l'incapacité à être simple et généreux, les pulsions et ces désirs incompatibles avec la réalité, avec le bien et avec le beau. Avec la laideur que je vois en moi et à l'extérieur de moi, ce corps toujours insatisfaisant et son existence aux autres toujours repoussés, toujours désirés et haïs. Je me hais. Je hais ma vie.
par Florestan publié dans : Florestan
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